Mines

La SACEM : Une performance socio-économique salutaire

Dans la lancée de son plan de développement pour la période 2008 – 2012, la Société Anonyme Chérifienne d’Etudes Minières (SACEM) n’épargne aucun effort ayant tendance à donner du punch à son activité en particulier en cette période de crise économique mondiale.
Ce plan permet en l’occurrence la relance et la diversification des activités dans la mine d’Imini et l’assurance des partenaires locaux et étrangers quant à l’avenir de la SACEM.

Parallèlement à une gestion commerciale, financière et économique, un dialogue social permanent et partenarial est instauré.
Les nouvelles procédures de gestion technique et sociale ont rétabli un climat de confiance et de solidarité entre la Direction Générale et le personnel.

De part son activité minière, la SACEM s’inscrit également dans le développement régional. A vocation économique certes, elle apporte l’assurance aux habitants de la région, quant à la sécurité de l’emploi et la cohabitation de plus en plus accentuée entre la mine et les citoyens.

L’objectivité des pratiques de production et de commercialisation permet à la SACEM d’élargir la palette des produits commercialisés pour gagner de nouveaux clients.
Le label SACEM déjà connu mondialement réconforte sa reconnaissance et commence à faire école dans d’autres marchés (Chine, U.S.A,…).

La qualité du produit  « manganèse » malgré une conjoncture mondiale défavorable se maintient sur le marché mondial, avec des ventes spots à prix négociés et des ventes contractuelles sécurisées.

En paraphrasant le rapport émanant du Conseil d’Administration de la SACEM, son Directeur Général M.Ahmed Benjilany soutient que « les efforts fournis en 2006 et 2007 ont donné leur fruits en 2008 et assurent actuellement un fonctionnement normal en cette période de récession.
Les résultats escomptés pour 2009 sont le maintien d’un niveau de production permettant de rentabiliser l’exploitation, de diversifier l’offre et d’atteindre un chiffre d’affaires assurant un équilibre financier ».
Un programme d’investissement entamé en 2008 est en cours, il permettra la réalisation des objectifs du plan suscité et de garantir l’activité pour le moyen terme .

La prévoyance, la prudence, et la prospective sont des attitudes clés sur les quelles le management de la «SACEM »   s’appuie en cette période de conjoncture défavorable.

Ce constat nous permet de relever, sans ambiguïté, le degré de sensibilité qu’entretient la Direction Générale vis à vis du marché extérieur qui constitue le nerf de la guerre dans le domaine de la commercialisation des produits miniers d’une manière générale.

Une recherche géologique a été entamée, désormais le matériel minier est en cours de remplacement, des travaux miniers au fond sont exécutés et ceci afin de se préparer pour une reprise qui ne saurait tarder.

Résultat, cette enseigne « SACEM » est le produit d’une constance, valeur d’aujourd’hui, elle se veut une entreprise économiquement rentable et citoyenne cherchant efficacement l’équilibre social ou l’emploi, l’éducation, la santé, le bien être d’une manière générale sont des cibles visées par la Direction Générale, et qui ne pourront que contribuer à des résultats économique et financier probants

Categories: Imini, Maroc, Mines, Ouarzazate, Sacem | Leave a comment

Portrait : Ahmed Benjilany: Un manager discret qui relève des défis

Si Ahmed est l’un de nos géologues nationaux qui a dédié sa carrière au travail pur et dur. Son humanisme et son sens développé du relationnel ont fait qu’il a été l’un des premiers responsables à avoir cru à l’humain et aux ressources humaines comme base de tout développement. C’est ainsi de ce précieux minerai que l’homme va extraire à même son sens du contact et forgera un comportement qui fait de lui, aujourd’hui l’incontestable décideur aux dimensions humaine et responsable.
Benjilany
Alors qu’en 73 il sortait d’un des prestigieux lycées de Rabat, un bac Science Ex. dans la poche, il va vers ce qui deviendra plus tard sa destinée et sa profession voire son quotidien. Et tout débutera à l’ENIM dont il sortira encore, en 78 ingénieur pour prendre son envol et aller conquérir les fins fonds de la sciences à l’ENSG de Nancy (France) où il décrochera un diplôme d’ingénieur géologue en 83 puis de Docteur ingénieur en 85.
De retour au pays, il est ingénieur attaché de direction (Direction Mines), au ministère de l’Energie et des Mines (85 – 87). De 87 à 92, Si Ahmed sera Directeur Technique à la CADETAF dont il deviendra directeur général de 92 à 95. A partir de 95 le parcours de M. Benjilany allait connaître un réel détour qui opérera une conversion qui marquera à jamais la carrière et l’homme. De 1995 à 2002, il est Chef de la Division des Ressources Humaines au MEM. C’est là où il s’éloignera sensiblement de sa vraie spécialité, s’éloignant de son premier amour, la géologie, pour prospecter et puiser dans des Mines de compétences de management et de comportement managerial. C’est là où il opérera une brillante entrée à l’AGEF qu’il connaît déjà depuis 95 comme membre puis il en assurera la présidence entre 1999 et 2003, avec au passage, une adhésion, en 2000 à l’Observatoire Marocain de l’Administration Publique (OMAP). Sportif régulier et homme d’une grande culture, Si Ahmed est nommé Directeur des Ressources Humaines du BRPM et de l’ONAREP à compter d’avril 2002 et il assurera au même poste à l’ONHYM en 2006. En novembre de la même année, M. Benjilany va renouer avec sa passion première. Il est ainsi nommé Directeur Général de la Société Anonyme Chérifienne des Etudes Minières (SACEM). La société, alors en souffrance, connaîtra ainsi une relance remarquable et repartira sur de nouvelles bases. Cette reprise d’activité réussie couronnera ainsi les efforts de l’homme qui, chaque fois se retrouvait là où ça ne marchait pas. N’est-il pas réputé pour être le cerveau du redressement économique des entreprises minières comme en témoigne les cas de CADETAF en 1986 et SACEM en 2006, sa contribution à la réussite de la fusion ONAREP / BRPM ou encore toutes ses actions, solutions et stratégies organisationnelles au département des Ressources Humaines et ce n’est pas fini. Parole d’un vieux routier …

Categories: Imini, Maroc, Mines, Ouarzazate, Sacem | Leave a comment

Pérennité et performance économique basées sur de profondes valeurs

Questionnaire

A Monsieur Ahmed Benjilany

Directeur Général de La Société Anonyme Chérifienne d’Etudes minières
S A C E M

1-Avant de poser des questions relative à la situation de la SACEM , voulez vous rappeler pour nos lecteurs quels sont précisément, les domaines d’intervention de la société?
A. Benjilany : La SACEM, comme son nom l’indique et conformément à son statut, intervient dans la recherche et l’exploitation minière en général, son principal domaine d’activité ayant jusqu’à ce jour concerné l’exploitation du manganèse.

2-Sur quelle activité, la SACEM se démarque –t-elle par rapport à la concurrence?
A.Benjilany : Il n’y a pas de concurrence nationale, mais à l’International le « Label SACEM » est reconnu mondialement.
Le Mn de la SACEM est de bonne qualité et ses caractéristiques permettent son utilisation dans les domaines de la chimie, de la coloration, de la médecine et de la construction…

Ainsi, par exemple, dans le domaine des Ferro-Alliages (Fer Rond de construction ), une des sociétés chinoises, cliente de la SACEM et qui a participé à la construction du Stade Olympique de Pékin (Chine) a utilisé du fer à béton allié à du manganèse marocain.

3-Après une période de baisse de productivité, la SACEM a repris sa position sur un marché où elle est quasiment monopoliste ; quelles ont été les bases du redressement et les fondements de cette forte reprise?
A. Benjilany :
Il est plus juste de parler de baisse de production plutôt que de productivité. En effet, après une belle période de prospérité, la SACEM a traversé des années difficiles résultant de la faiblesse du cours du manganèse, et d’un rétrécissement du marché dans le créneau étroit correspondant à son produit.
En 2004, la situation s’est aggravée suite à une brutale chute des ventes due à la perte d’un client important. L’entreprise a du, dans un premier temps, procéder à une réduction du temps de travail avant d’être contrainte de mettre en arrêt complet les exploitations avec les conséquences négatives que cela a entraîné, particulièrement dans le domaine du social, mais aussi dans le domaine technique, un outil de production qui ne tourne pas se dégradant faute de renouvellement.
Il faut préciser que la SACEM ne détient pas un monopole de droit pour le minerai de Mn, mais qu’il s’agit d’un monopole de fait, renforcé parce que le minerai extrait à IMINI est de bonne qualité et facilement valorisable, sans équivalent sur le territoire national ; ceci ne portant pas à conséquence, car le marché du manganèse est un marché international et les utilisateurs du produit sont situés à l’étranger. Par contre, la SACEM a vocation à faire des études et à développer des exploitations minières pour toutes les substances minérales, comme je viens de l’indiquer.

Pour répondre à la deuxième partie de votre question, il faut d’abord rappeler que les administrateurs marocains et étrangers se sont refusé à liquider l’entreprise durant les années difficiles, conscient du potentiel disponible et soucieux, en accord avec les pouvoirs publics locaux, de maintenir un foyer d’emploi dans une région globalement défavorisée. C’est sur cet arrière plan que Mme Amina Benkhadra – notre actuel Ministre de l’Energie, des Mines, de l’Environnement et de l’Eau potable – alors Directrice Générale de l’ONHYM et Présidente du Conseil d’Administration de la SACEM, avait donné les directives nécessaires pour l’élaboration et la conduite d’un plan de redressement visant à sauver cette mine et à en assurer la relance. Elle a été appuyée dans cette orientation par une forte volonté des pouvoirs publics et a reçu la pleine adhésion et le soutien des administrateurs et actionnaires Français et Marocains.

Cette volonté a été traduite par un plan stratégique de redressement au niveau de la Direction Générale de la SACEM, plan décliné en objectifs opérationnels pour la production, la commercialisation et les finances de l’entreprise, avec en accompagnement des objectifs propres à la gestion des ressources humaines minières et notamment l’instauration d’un dialogue social permanent et de nouvelles procédures de gestion des relations sociales (réunions, procès verbaux, planning).
Enfin, la mise en œuvre du plan de redressement a été entreprise parallèlement avec la restauration de la confiance, en appliquant une politique de transparence dans les relations avec tous les acteurs (hiérarchies, collaborateurs, partenaires sociaux, clients, fournisseurs, prestataires de services, et autres organismes).
Actuellement, conscient de la force mobilisatrice de valeurs pertinentes, nous agissons pour introduire dans la culture de la SACEM les concepts clés d’Humanisme et d’Environnement.
En résumé la reprise de l’activité d’IMINI forme un projet de société à vocation économique, cela va de soit, mais avec aussi vocation à participer au développement humain dans la région (alphabétisation, formation professionnelle, santé, culture,….).

4-Comment se porte donc, aujourd’hui la SACEM?
A. Benjilany : «  Après la pluie , le beau temps » et j’ajouterai la «  moisson ». La SACEM, après la période critique où elle a failli déposer les bilans (perte de clientèle, arrêt de la production, crise sociale, grève) est « sortie du tunnel », ceci grâce à la stratégie clairvoyante de relance adoptée qui s’est heureusement conjuguée avec une évolution favorable du marché.

On peut considérer aujourd’hui que l’assainissement de la société, bien engagé, sera mené à bonne fin, ce qui, ajouté aux perspectives encourageantes dans le domaine commercial permet de bâtir un plan de développement pour la période quinquennale à venir.

L’assainissement en cours a été rendu possible par une série d’actions menée avec détermination depuis 2 ans.
Une intense activité commerciale a été déployée, axée surtout vers la prospection de nouveaux clients utilisateurs, mais aussi sur la renégociation des prix de vente. Cette action a permis à la société de gagner de nouveaux clients dont la Chine, d’élargir la palette des produits vendus jusqu’au placement sur le marché de ses anciens rejets de traitement et d’amorcer un réajustement des prix de vente permettant de dégager une marge bénéficiaire substantielle.
Par ailleurs, un important programme de réduction des coûts au niveau de la production a été mis en œuvre avec des résultats encourageant à partir de 2007.

C’est ainsi qu’au final, la production a connu, entre 2007 et 2008 une hausse de + 110%, alors que le chiffre d’affaire pour la même période progressait de +319%, ce qui a permis une sensible réduction de la dette accumulée au cours des précédentes années maigres et en particulier l’apurement de tous les arriérés de salaires.
L’effectif a été consolidé entre 2007/2008 à 100 personnes.
Aujourd’hui ces actions continuent avec en plus un effort particulier en faveur du développement humain à travers des actions sociales, culturelles et humanitaire .

5-Dans le secteur minier, l’autonomie de la Sacem ne représente-t-elle pas parfois un frein à son élan de développement et n’y a-t-il pas de risques quant au chevauchement de ses activités avec celles l’ONHYM, par exemple?
A.Benjilany : L’autonomie de la SACEM ne constitue nullement un handicap, au contraire, celle-ci confère à l’entreprise la souplesse de fonctionnement et les capacités réactives propres aux sociétés du secteur privé comme en témoigne les résultats du plan de redressement que je viens d’évoquer. Par ailleurs, la forte participation de l’Etat au capital, traduite par la Présidence du Conseil d’Administration garanti la prise en compte de l’intérêt national par la société.
Quant à la crainte de chevauchements avec les activités des autres opérateurs miniers dont l’ONHYM, elle n’a pas lieu d’être, les champs d’opération, les missions et attribution étant clairement séparés ou distincts .
L’ONHYM joue pleinement son rôle vis-à-vis de la SACEM en tant qu’administrateur et organisme reconnu mondialement par ses compétences et son savoir faire dans le domaine de la recherche minières et la prospection géologiques entre autres, ce qui permet de construire des partenariats utile à la SACEM.

6-Quels sont les projets et les chantiers prévus par la société pour les années à venir et quelle est sa stratégie de développement?
A. Benjilany : la stratégie de la SACEM a été étudiée et arrêtée conjointement avec la participation de tous les administraeurs et actionnaires.
Elle consiste dans un premier temps (2005-2007)  en un redémarrage de l’activité et en une élaboration d’un plan de développement (2008-2012) avec comme axes principaux : la conduite d’études visant une redétermination des réserves, la modernisation des outils de travail et de production, l’élargissement du portefeuille commercial et la poursuite du développement du social.
Les résultats escomptés étant le maintien d’un niveau de production permettant de rentabiliser l’exploitation, de diversifier ses produits, et d’atteindre un chiffre d’affaire et des résultats financiers largement et durablement positifs

Categories: Imini, Maroc, Mines, Ouarzazate, Sacem, Uncategorized | Leave a comment

Valorisation et traitement de rejets miniers

Une Thèse de Doctorat portant sur le traitement des déchets miniers a été préparée au département Mines et Minéralurgies de l’Ecole Nationale de l’Industrie Minérale par M. Yassine Darmane sous l’encadrement de M. Saïd Kitane.
Ce travail portant le titre « Valorisation et traitement de rejets miniers : Cas de la mine d’Imini et la mine de Jerada » a été soutenu publiquement le 17 juillet 2008 à la Faculté des Sciences de Kénitra devant un jury présidé par le Professeur Saïd Belcadi, directeur du Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique.

Le développement socio-économique et industriel que connaît le Maroc s’est accompagné par un accroissement de la quantité de déchets solides générés essentiellement par les activités industriels et ménagères. En effet, les tonnages les plus importants sont issus essentiellement de l’industrie minière et des activités similaires (traitement de métaux, etc…). Cette évolution a eu pour conséquence la profusion et l’accentuation des effets négatifs sur l’environnement.
Afin de contribuer au processus de développement durable, de nombreux travaux portant sur le traitement des déchets ont été réalisés à l’ENIM. Ces travaux s’étaient intéressés à la fabrication des émaux colorés sans plomb, au traitement des margines issus des unités de production de l’huile d’olive, au recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) et à la valorisation des argiles et des ocres de différentes couleurs.
Le travail présenté s’est intéressé au secteur minier et plus particulièrement à la valorisation des rejets d’exploitation et ceux générés par les anciennes mines ou qui sont en cours d’exploitation: Gisement d’Imini et celui de Jerada, ce choix est justifié d’une part, par les intérêts économiques et environnementaux et d’autre part, par la disponibilité de logistiques et d’équipements nécessaires pour les opérations de préparation, de traitement et d’analyse de minerais.
Ce travail porte, en effet, sur la valorisation et le traitement de déchets miniers provenant de deux gisements de natures et de régions différentes: gisement de pyrolusite d’Imini et les terrils des charbonnages de Jerada.
Lors de cette étude, différentes techniques et procédés de traitement minéralurgique ont été utilisées.
L’hydrométallurgie est la première technique appliquée au gisement de pyrolusite (?-MnO2) provenant de la mine d’Imini (sud du Maroc) où un échantillon représentatif contenant 55% en MnO2 a été lixivié (conservé) en milieu acide chlorhydrique 6,36M. Cette opération s’est déroulée à une température de 70°C avec un rapport solide/liquide de 90g/l et un temps de contact d’une heure. Ces conditions ont permis d’atteindre un taux de lixiviation de 98% en Mn(II). La solution est conditionnée à un pH 5 avant d’ajouter l’hypochlorite de sodium qui oxyde le Mn(II) en différentes phases d’oxydes (Mn2O3, MnO2). Ces oxydes ont subi une dismutation par l’acide nitrique pour aboutir enfin à la variété ?-MnO2, nH2O avec une pureté de 97%.
Par ailleurs, les terrils abandonnés de l’ancienne mine de charbon de Jerada ont fortement évolué, en particulier la pyrite contenue s’est oxydée. Dans certains côtés, il ne reste que des oxydes de fer qui se concentrent dans les fines particules du terril. Les opérations suivantes de traitement des minerais : criblage, élutriation et flottation ont permis d’obtenir un produit marchand qui titre 35% en oxyde de fer ( Fe2O3) utilisable en peinture, émaillage et bio-construction.
Cette valorisation permet à la fois de répondre à des besoins locaux, de relancer une activité économique et de traiter un déchet minier.

EN PRATIQUE
Les résultats de ces travaux de recherche appliquée ont fait l’objet d’un article publié sur « Hydrometallurgy » n° 92 – 2008, pages 73 à 78 « Science direct » et ont fait l’objet d’un projet incubé au centre d’incubation et d’accueil d’entreprises innovante de l’ENIM financé par le réseau marocain d’incubation et d’essaimage (RMIE).
Les deux mines étudiées dans ce travail ont été les axes de deux projets. La première partie concernant la mine d’Imini ou la mine d’oxyde de manganèse a été réalisée suite à une convention signée entre l’ENIM et la Société Anonyme Chérifienne des Etudes Minières (SACEM).
La deuxième partie a été réalisée dans le cadre des projets incubés au sein de l’ENIM et portant sur la valorisation des déchets de charbonnage.

Categories: Géologie, Maroc, Mines | Leave a comment

SECTEUR MINIER MAROCAIN

ET SI L’ON PASSAIT LE SECTEUR MINIER MAROCAIN EN REVUE

A chaque fois que le secteur minier marocain est invoqué, les gens pensent immédiatement aux phosphates (et aux hydrocarbures). Dans la mesure où le Maroc recèle des ressources en phosphates estimées à plusieurs millions (pour ne pas dire milliards) de tonnes, permettant ainsi au pays, d’une part, d’occuper une place de leader à l’échelle mondiale et d’autre part, constituer une industrie créatrice de richesse et d’emplois.

Ceci étant, il y a lieu de signaler que le Maroc exploite aussi d’autres substances minérales et occupe des positions honorables sur l’échiquier international. Est-ce à dire que le Maroc est un pays minier ? Personnellement, je préfère parler d’un pays à vocation minière. La nuance est un peu subtile dans la mesure où il est préférable de réserver la dénomination de pays minier à un pays où ce secteur intervient pour une grande part au niveau du PIB national, ce qui n’est pas le cas du Maroc où l’industrie minérale intervient, bon an mal an, pour 6 à 7% au niveau de notre PIB.
Si l’exploitation des phosphates remonte au siècle dernier, les mines métalliques étaient connues et exploitées au Maroc depuis la nuit des temps. Plus encore, certaines mines ont fait la richesse du pays et on même permis le développement de dynasties. C’est le cas par exemple du Todgha (Tineghir, actuellement) qui était connue pour mes minéralisations argentifères et, d’ailleurs, les vestiges des anciens travaux sont encore visibles sur le site. Il en est de même à Jbel Aouam (actuel Tighza, près de Khénifra) et dans le Tafilalet où l’on exploitait du plomb argentifère. Le sel aussi jouait un rôle important dans l’économie nationale et dans le commerce extérieur et vu que les mines de sel ne manquaient pas, le Maroc a pu glaner des richesses qui ont fait la réputation des circuits caravaniers qui commercialisaient le sel en échange avec l’or. Il faut dire qu’à l’époque, peu de mines aurifères étaient connues au Maroc. Ce que certains historiens retiendront, c’est l’impact que ces richesses avaient sur la stabilité politique du pays. En effet, détenir des mines permettait d’équiper et d’entretenir une armée et donc donnait des ambitions de conquête. De plus, le plomb, le cuivre et l’étain étaient utilisés pour la fabrication des armes et des munitions.
Nous n’avons aucune idée des méthodes d’exploration qui étaient utilisées lors de la recherche minière. Peut être l’éclat métallique était il un guide ? Mais était il seul, surtout quand on sait que des filons à teneurs « normales » étaient exploités. Il fallait donc qu’une industrie métallurgique soit développée, ce qui est d’ailleurs attesté par les scories que l’on trouve par ci et par là (Tazalaght, près de Tafraout ; Tagount, près de Rissani ;…). Des alluvions étaient aussi exploitées (cas d’Al Karit à Oulmès pour l’étain).
On voit donc que la tradition minière du Maroc n’est pas un qualificatif gratuit.
Les temps ont évolué et avec eux les technologies et les besoins de l’industrie. L’avènement de l’ère industrielle allait consacrer des méthodes d’approche dites « scientifiques » quoique basées sur l’observation et le cumul de l’expérience.
A mon avis, le développement minier de tout pays dépend de trois principaux facteurs : la géologie, la réglementation, la promotion minière.
Tous les manuels décrivent le Maroc comme étant un pays à géologie favorable. Sa position géographico-géologique et son histoire en font un pays à fort potentiel. En effet, pratiquement, tous les terrains sont présents au Maroc tant du point de vue nature pétrographique que du point de vue âge. Deux exceptions de taille doivent être signalées à ce niveau : les roches réputées diamantifères (kimberlites) et aluminifères (bauxites) n’ont jamais été décrites au Maroc. De même, les roches ultrabasiques connues dans certains massifs marocains n’ont pas permis de découvrir de gisement de platinoïdes.
Du point de vue évolution et géodynamique, le Maroc a connu une histoire très riche dans la mesure où sa partie sud renferme des terrains très anciens du bouclier ouest africain, l’Anti-Atlas, le haut atlas occidental et les mésetas ont été formées (pour une bonne partie) dans des contextes favorables à l’accumulation de sulfures métalliques. Les chaînes atlasiques, au sens large, renferment des terrains aptes à encaisser de gros gisements plombo-zincifères. C’est d’ailleurs dans ces formations qu’a été découvert Touissit-Boubeker, l’un des principaux gisements de par le monde. Dans le Nord du Maroc, la jeunesse des terrains (hormis les Beni Bousera) en fait une zone de prédilection pour la recherche tant des roches et minéraux industriels que des minéralisations associées au volcanisme récent. Dans ces zones, les minéralisations s’accumulent dans plusieurs endroits constituant des districts miniers.
Des exploitations
Sans prétendre à l’exhaustivité, l’auteur dresse ci-après les principales minéralisations exploitées au Maroc :
1.Les gisements Plombo-cupro-zincifères : Ils constituent le groupe le plus important en quantité de gîtes connus. On les trouve dans pratiquement tous les contextes géodynamiques du pays. Les plus importants sont Touissit-Bédiane dans la région d’Oujda, Tighza (près de M’rirt), Hajar (près de Marrakech), Tafilalet, Bleida (près de Zagora), Aouli-Mibladen-Zaida (près de Midelt).
2.Les gisements phosphatés : quatre districts sont connus : Khouribga, Bengrir, Youssoufia et Boucra. D’autres indices sont connus ailleurs (Meskala, Chichaoua) et sont en cours de reconnaissance.

3.Les gisements stanno-wolframières : On signalera dans ce cadre les gîtes d’Oulmès, et d’Azegour (molybdène). Les travaux entrepris dans la région d’Achemache (Maroc Central) et Taourirt Tamellalt (Saghro) ont mis en évidence des occurrences en cours de développement.

4.Les gisements cobalto-nickélifères : Si des indices de nickel sont connus en association avec des roches basiques du Rif et Haut Atlas Central, il n’en reste pas moins que le seul gisement exploité est celui de Bou Azzer (Région de Taznakt). Ce district aurait été découvert quand les autochtones avaient noté les capacités raticides d’un arséniure de cobalt (érythrine) et ayant fini par être l’un des plus beaux minéraux recherchés par les collectionneurs de minéraux de par le monde.

5.Les gisements manganésifères : La région de Ouarzazate constitue l’une des provinces métallogéniques les plus riches en indices de cet élément. A signaler que c’est dans cette région qu’un minéral, dénommé Marokite, avait été découvert au début des années 60. Actuellement, seul le gisement d’Imini est en cours d’exploitation. D’autres districts sont connus et avaient fait l’objet d’une exploitation. On citera en particulier le gisement de Bou Arfa.

6.Les gisements ferrifères : Plusieurs gisements sont connus mais on se limitera à citer les principaux. D’abord, Kettara qui avait été exploité pour la pyrrhotine (pour la production de l’acide sulfurique). Ensuite le district de Ouixane, dans la région de Nador et enfin les nombreux gîtes et gisements de Tafilalet (dont Imi n’Tourza) et d’Ait Amar.

7.les gisements argentifères : S’il existe un gisement qui mérite une mention spéciale, ce serait le gisement d’Imiter. Il avait fait le bonheur des tribus locales et la richesse de plusieurs dynasties dont les Almoravides. L’ampleur des travaux et des vestiges des « anciens » montrent si besoin est à quel point l’industrie minière était développée dans la région. De plus, c’De plus, c’est l’un des rares gisements de par le monde à être exploité pour l’argent en tant que minéral principal et avec une association minéral essentiellement argentifère. Signalons dans ce cadre la découverte en 1983 d’un nouveau minéral qui avait été dénommé « Imiterite » en référence à ce gisement. Un autre district, Zgounder, est connu dans le Siroua et avait fait aussi l’objet d’exploitation par les anciens.

8.Les gisements aurifères : Le Maroc n’a pas la réputation d’être un pays aurifère au même titre que certains autres pays africains. Toutefois, plusieurs indices et gîtes sont connus et exploités. On signalera d’abord le gisement d’Iourirn, dans la région d’Akka qui est en cours d’exploitation mais on signalera aussi l’ancien gisement de Tiouit, dans le Saghro, qui était exploité pendant la deuxième moitié du siècle dernier. Un gisement de cuivre aurifère est en cours d’exploitation dans la région de Seksaoua (région d’Imi n’Tanout). Un autre gîte (Jbel Haouanite) est en cours d’exploitation dans la région de Bou Arfa. Ceci étant, plusieurs occurrences sont connues ici et là aussi bien dans le Rif que dans le Haut Atlas ou l’Anti-Atlas.

9.Les gisements antimonifères : Plusieurs gisements ont été exploités dans le Maroc Central et dans le Rif.
10.Les gisements fluo-barytiques : Le Maroc est l’un des principaux producteurs mondiaux de barytine. Plusieurs districts sont connus. On citera en particulier Jbel Ighoud, Seksaoua et Tafilalet. Mais le plus grand gisement reste celui de Zelmou, dans la région de Bou Arfa. Concernant la fluorine, le seul gisement en cours d’exploitation est celui d’El Hamam, dans la région de Khémisset. D’autres gisements avaient été exploités dans la région de Taourirt (Jbel Tiremmi) et dans le Maroc Central (Zrahina)

Categories: Géologie, Maroc, Mines | Leave a comment

Sur la route de l’or

Sites et richesses naturelles du Maroc profond…

Selon les historiens, le Maroc a jouit très tôt de la réputation d’entretenir des relations avec l’Afrique sub-saharienne. Si ses rapports remontent à des temps immémoriaux, ce n’est qu’entre le VIIème et le XIème siècle que vont se préciser les tracés des axes de liaisons régulières sous l’impulsion d’une économie méditerranéenne demandeuse d’or et celle du Sahel saharien méridionale consommatrice de sel.

La première tête de ligne des routes vers le sud fut Sijilmassa qui va s’affirmer comme une célèbre métropole commerciale qui anime et contrôle une grande partie du trafic caravanier entre Bilad el Soudan (actuels pays du Sahel), le Maghreb, l’Orient et l’Europe. Les sources historiques révèlent ainsi, trois grands axes de commerce à savoir l’axe reliant Sijilmassa au Ghana à travers Tamdoult, Tindouf, Zemour et Waddan. Cette route a particulièrement été utilisée entre le IXème et le Xème siècle, l’axe reliant Sijilmassa au Soudan sub-saharien en passant par les salines de Taghza et Tombouctou. Celle-ci a été utilisée entre le XIème et le XVème siècle, et, en fin, l’axe reliant Sijilmassa à Gao via Tademakka.

Un sel qui valait de l’or
Les sources historiques précisent aussi que le commerce avec le soudan historique se basait sur le troc. La principale monnaie d’échange était les barres de sel échangées contre l’or. Il y avait aussi d’autres produits de troc comme les denrées communes très sollicitées par les communautés du désert notamment les métaux (barres de fer, laiton, étain), les ustensiles de cuivre, les chevaux et selles, les cotonnades, le papier à écrire, la verrerie, la céramique, maroquinerie et autres articles utiles. En contre partie les importations marocaines comprenaient l’or, les plantes médicinales, les plumes d’autruche, la corne de gazelle, le bois d’ébène et l’ambre…
Au fil des temps, cette route, plus assez animée comme jadis, tomba dans l’oubli. Oubli qui en fera disparaître les traces, mais, la multitude et la diversité des paysages du Rif au nord jusqu’aux confins du Sahara au sud, regorgent de richesses naturelles qui rappellent et rappelleront à jamais ces pages d’histoire, voire d’histoires rattachées aux chaines montagneuses du Haut, Moyen et Anti-Atlas et du Rif), aux plateaux environnants et aux vastes plaines. L’espace géologique marocain demeure un haut lieu des sciences de la vie et de la terre qui constitue un véritable musée qui garde en mémoire plus de deux milliards d’années de l’histoire de la planète…

Le patrimoine géologique
Le Maroc est connu par sa richesse en grande variété de fossiles : des invertébrés aux vertébrés et des fossiles microscopiques aux dinosaures. Il est également riche en ressources minérales : des métaux précieux comme l’or et l’argent jusqu’aux grands bassins de phosphates. Il est à signaler que les richesses minérales du Maroc sont connues depuis l’antiquité et ont permis, à travers les échanges structurés autour du métal, de s’ouvrir sur l’Europe. Cet espace socio-économique a vu l’émergence de plusieurs cités qui ont marqué la civilisation marocaine dans les régions de Tafilalt, de Souss, Saquia El hamra, Oued Eddahab. Le Maroc, paradis des géologues, est aussi connu depuis longtemps par sa richesse en ressources naturelles (eau, faune, flore, paysages, etc.) et par sa diversité géologique (paléontologique, minière, archéologique ; etc.). La région Souss-Massa-Draa est connue par sa richesse minière, avec plus de la moitié des ressources minérales du pays.
Elle est connue par ces gisements d’Or à Akka près d’Agadir, d’Argent à Imiter près de Ouarzazate, de Cobalt et de Nickel à Bou-Azzer et par Ces beaux marbres et pierres ornementales de Lakhssass et les granites roses de Sidi Ifni.

Pas de ruée vers l’or
En effet, à 280 km d’Agadir, dans une région désertique située sur l’ancienne route de l’or, le gisement d’Akka fait partie de zones d’exploitation abandonnées au XVIe siècle, après la découverte de gisements au Nouveau Monde.
En 1930, suite aux repérages de points d’or dans des filons de quartz de la région d’Akka, le Bureau de Recherches et de Participations Minières (BRPM) prospecte sur tout l’Anti-Atlas occidental. Dans les années 90, le BRPM confie l’exploitation du site à MANAGEM, à la suite d’un appel d’offres international.
En 1996, AKKA GOLD MINING, filiale détenue à 70 % par MANAGEM et à 30 % par le BRPM, démarre l’exploitation d’une mine qui produira plus de 30 tonnes d’or métal. Deux ans plus tard, les premiers lingots produits expérimentalement sont expédiés vers la Suisse et, l’année suivante, les installations de la mine sont construites. La mine est totalement opérationnelle depuis 2001. Bel exemple de contribution au développement régional, la mine d’Akka a permis de désenclaver la région, en la dotant de routes, de réseaux d’électricité, d’eau et de structures de télécommunications.

Mais d’où vient cet or ?
Les terrains d’âge Protérozoïques Inférieur de la Tagragra d’AKKA (Anti-Atlas, Maroc) ont subi une évolution polycyclique caractérisée par quatre épisodes de schistosité. Les veines de quartz aurifère, développées dans des décrochements, ont subi ces épisodes, qui alternent avec des phases de déformation fragile. L’or est introduit tardivement, avec hématite+phengite, à la faveur de déformations cassantes de la fin du Panafricain. Les fluides précoces appartiennent au système C-O-H-N et montrent des phénomènes de mélange; ils sont d’origine métamorphique. Ils ont été piégés au cours d’une remontée (à caractère cyclique) depuis une profondeur correspondant à 0,5 GPa (5 kb) jusqu’à 0.25 GPa (2.5 kb), à des températures de 350°-400°C. A la fin du processus, une forte chute de pression (transition litho- à hydrostatique) est corrélée à des changements dans le régime thermique et dans l’évolution des fluides (ébullition). Un fluide du système H2O-NaCl-CaCl2-FeCl3-CO2-(N2) subit une démixion, d’abord à 300-350°C et environ 50 MPa (500 bar), puis, après refroidissement jusqu’à 200°C, à environ 20 MPa (200 bar) et de nouveau 300°-350°C (réchauffement induit par des intrusions tardives de dolérites), ce qui induit le dépôt de l’or, contrôlé par les variations de température et de pH. La basse activité du soufre est caractéristique et explique peut-être la pauvreté des indices d’or

Géologie

Le Souss, une région stratégique

La présence de l’ONHYM dans le Souss-Massa-Drâa ne date pas d’aujourd’hui. La géologie diversifiée de la région s’avère intéressante pour les activités de prospection. En effet, par sa géologie très diversifiée, la région de Souss-Massa-Drâa a toujours constitué une zone très favorable pour le développement minier, notamment pour les métaux précieux (or et argent),
les métaux de base (cuivre, plomb, cobalt…) et les roches et minéraux industriels (manganèse, feldspath, barytine…).

L’activité minière dans cette région remonte au Moyen Age comme en témoignent les vestiges miniers autour de gisements toujours en exploitation comme celui d’Imiter ou ceux récemment mis à l’arrêt Bleida (cuivre) et Zgounder (argent)   .
Durant la période récente (depuis les années 70) jusqu’à nos jours, cette région a fait l’objet d’un important volume de travaux de recherche et de développement minier. A l’échelle du territoire national et avec une proportion de 38%  sur l’ensemble du portefeuille de permis miniers de l’ONHYM, cette région occupe la première place.
Les travaux de recherche de l’ONHYM sont réalisés soit par fonds propres, soit en partenariat avec des sociétés nationales et étrangères. Aujourd’hui, ces travaux couvrent les secteurs les plus favorables de Tagragra d’ Akka, Kerdous,  Ighrem, Sirwa et d’Ouarzazate. La prospection englobe différents domaines dont les métaux précieux. Lancés en 1984, les travaux d’exploration pour l’or ont abouti à la découverte d’environ une cinquantaine de gîtes et indices d’or, dont les plus importants sont en cours d’exploitation et/ou de développement dans le cadre de partenariats. Sur le reste de la région de Souss-Massa-Drâa, les travaux de recherches menés sur le secteur d’Ouarzazate ont permis de délimiter des zones favorables, notamment les zones d’Eç Çour et Talkhoumt. Dans le massif de Kerdous, plusieurs prospects  en or sont identifiés à Imjgaguen, Tiyyout, Tahala, Assif M’Kkorn et Igli.
Concernant les métaux de base, c’est surtout la province de Taroudant qui concentre l’intérêt de la recherche.
Aussi les  travaux d’exploration et de développement pour le cuivre entrepris depuis le début des années 70 par l’ONHYM ont permis de découvrir  plusieurs gisements dont certains ont été mis en exploitation, comme Talat n’Ouamane, Iminirfi et Assif Imider  et ce jusqu’au début des années 80. Des gîtes ont également été découverts durant cette période, il s’agit de Tizert et de Tiferki. Aujourd’hui, les travaux de recherche ont repris sur l’ensemble de ce secteur dans le cadre d’une convention de partenariat entre l’ONHYM et la société canadienne Odyssey. Dans ce cadre, en plus des gisements et des gîtes cités ci-dessus, les travaux se concentrent  surtout sur le gîte d’Alous, découvert par l’ONHYM en 1963, et où les ressources totales sont réévaluées dans le cadre de cette convention à  8.000.000  tonnes à 0,8 % Cu.
Pour la recherche du plomb, elle a permis de circonscrire le projet de Tighoula (province de Taroudant) où les teneurs atteignent 4%. Ce projet est aujourd’hui en promotion
La région de Souss-Massa-Drâa constitue toujours une cible favorable pour la recherche minière en raison de sa géologie très diversifiée et productive. En plus du développement des projets en cours aussi bien pour l’or à Had Imawn que pour le cuivre autour du gîte d’Alous, les travaux concerneront la mise en évidence de cibles économiques dans le massif de Kerdous, de Sirwa et la région d’Ouarzazate.

Pétrole
Le bassin du Souss encore sous-exploré !

Dans les régions de Souss onshore et offshore peu profond, l’ONHYM a entrepris plusieurs études d’évaluation pétrolière qui ont valorisé le potentiel pétrolier de ces zones au niveau des objectifs jurassiques et triasiques.

Un effort de promotion s’en est suivi auprès des sociétés pétrolières internationales au Maroc et à l’étranger et qui a été couronné par la signature, en janvier 2007, de deux accords pétroliers entre l’ONHYM et la société GBP:
Le premier accord porte sur deux permis offshore Agadir maritime I et II.
Le deuxième accord est une zone de reconnaissance dénommée «Ouest Souss onshore».
En plus des travaux entrepris dans les bassins de Souss, l’ONHYM et ses partenaires mènent des activités d’exploration dans les zones profondes au large d’Agadir et sur l’ensemble des bassins du  Sud du Maroc.  Les partenaires de l’ONHYM actifs dans les bassins du Sud sont pour la zone onshore : Petro Canada (zone de reconnaissance de Bas Dra)  et Sanleon / Island Oil & Gas / GB Oil and Gas dans la  zone de reconnaissance bassin de Zag.
Sur l’offshore, les acteurs ont pour nom  Kosmos dans le permis de Boujdour offshore, Mearsk Oil dans le permis de recherche  Tarfaya Shallow et Genting Oil dans le permis de recherche  Ras Juby offshore.
Ces partenaires entreprennent d’ambitieux programmes d’exploration pétrolière dans leurs permis ou zones de reconnaissance respectifs. Des synthèses géologiques et géophysiques basées sur des données disponibles et sur l’acquisition de nouvelles données sismiques, gravimétriques et magnétométriques sont en cours de réalisation.
Un  programme de travail est planifié par la société GBP et consiste en la réalisation d’études géologique, géophysique et pétrolière, d’acquisitions et retraitements sismiques et le forage d’un puits d’exploration.
Il faut dire que le bassin de Souss onshore, comme le reste des bassins marocains, reste très peu exploré puisque seulement 8 puits ont été forés sur une superficie de 7 500 km2, ce qui donne une densité très faible de 0,1 puits par 100 km2 comparée à la densité moyenne internationale de 10 puits /100 km2.
S’agissant de la  sismique réflexion qui est l’outil géophysique le plus utilisé en exploration pétrolière, le bassin de Souss n’a été couvert que par 900 km de lignes sismiques dont les plus récentes datent de 1985. L’ONHYM a programmé un certain nombre de campagnes de promotion pour attirer davantage d’investisseurs de l’industrie pétrolière internationale et intensifier encore plus l’exploration des potentialités de cette région

Géobalade

Quand parlent les minerais du Sud

Au départ de Marrakech en direction Tizi’n Tichka, col perçant le haut Atlas, est passage obligé pour Ouarzazate, des vendeurs de minéraux proposent, tout au long de la route, azurites, vanadinites, géodes de quartz et d’améthystes, goétites… Des échantillons des richesses dont regorge la région.

En effet, sur le versant sud du col se trouvent de grandes formations de basaltes altérés du Trias (10 à 30 km). Ces basaltes ont subi divers types d’altération (hydrothermales, métamorphique, altérations actuelles). Ces phénomènes, dus au caractère très vacuolaire de certaines coulées, ont donné des zones riches en agates, et géodes de quartz. On y trouve également des zéolites en filonnets (prehnite, natrolite,..). Vers Tazenacht, plaine constituée de micaschistes du précambrien recoupés par deux massifs granitiques : granite d’Azguemerzi et granite de Tazenacht. Ce dernier a donné de nombreuses pegmatites dans sa bordure Nord/ Ouest, on peut encore trouver beryl, muscovites et tourmalines noires. La découverte peut continuer du coté de Bou Azzer. Bou Azzer est une zone minière de 30km de long, au contact de serpentines dans la boutonnière de Bou Agraara. Les travaux miniers vont d’Ouest en Est de Bou Offroh, vers Bou Azzer centre, Bou Azzer est, Arhbar, Tamdrost, Irthem et Ait Haman. Au point de vue minéralogique, les gisements de Bou Azzer sont composés de filons de skuttérudite, safflorite et lollingite (sulfo arséniates de cobalt, nickel et fer). Les caisses de filons sont généralement carbonatées (calcite), les autres éléments métalliques pouvant être de la chalcopyrite, de l’argent natif, de l’or et plus rarement de la molybdenite. Bien évidemment, on y retrouve de l’Erythrite, roselite et cobaltocalcite. A Bou Skour près de la Kelaa de M’Gouna (Ouarzazate), le gisement cuprifère est un filon N/S de 9 km de long dans les granites du précambrien. Le filon se décompose en deux secteurs : le filon nord dans les granites et la « patte d’oie » dans les roches vertes. Le filon nord est composé de quartz avec un peu de dolomie et des chlorites. On y trouve de l’azurite en petite gerbes et de la malachite en grandes plaques de velours vert. Le minerai de la patte d’oie est plus chloriteux avec de grosses boules de dolomie et de calcite. Les minéraux y sont plus diversifiés (arséniates de cuivre et plomb, carbonates de cuivre ; molybdenite, argent natif,…). Même si la mine est fermée depuis 1979, on peut encore y décrocher des azurites en petites gerbes de la paroi…
Pour tomber sur de l’argent, il faut chercher du coté de la mine d’argent d’Imiter. La mine est exploitée, depuis 1969, par la société SMI (Société Métallurgique d’Imiter). Son processus de production de haute technicité, lui permet d’obtenir des lingots d’argent d’une pureté évaluée à 99,6%. Sa production annuelle est de 300 tonnes métal, destinées à l’export. A Taouz, la région regorge de vanadinite sur goetite. La zone de Taouz/ Mefis, contient en effet, de nombreux filons le long de l’oued « Ziz ». Le minerai non altéré est composé de sidérite, chalcopyrite, galéne et blende. La zone oxydée, quant à elle, est composée d’hématite, goethite et barytine. Les filons sont particulièrement géodiques avec pyromorphite, vanadinite, anglésite, malachite, gypse et calcite. Près de Midelt, la mythique mine de Mibladen, dont le gisement est stratiforme dans un niveau de poudingues céromaniens, est une zone minéralisée qui a une extension d’environ 15km. La minéralisation est liée à la faille Amorou : les minéralisations sont concentrées dans des fissures teriaires de cette faille. La couche est composée d’alternances de calcaires dolomitiques et lithographiques. La minéralisation imprègne les dolomies et les marnes se trouvant entre les deux niveaux calcaires. Le minéral dominant est la barytine blanche à rosée : les pièces classiques sont crêtées, avec des cristaux de cérusite, anglésite, wulfénite et vanadinite. La mine est fermée depuis les années 80

Categories: Géologie, Maroc, Mines | Leave a comment

Create a free website or blog at WordPress.com. The Adventure Journal Theme.

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.